Karaté

Shaolin Karaté Toulouse – la revue 2013-2014

KARATE SHOTOKAN

Le Shaolin Karaté Club existe depuis 1988. Le fondateur est M. Lilian FROIDURE qui réalisa un rêve : celui d’enseigner cet art de combat à mains nues qu’est le karaté. C’est la section phare de la région avec son nombre d’instructeur, de ceintures noires, de champions combats et katas (adultes et enfants).

Les professeurs :
Lilian FROIDURE : 6ème dan – Brevet d’état d’éducteur sportif de 1° degré – Champion de France – Recordman du monde de casse
Emmanuelle FROIDURE : 3ème dan – Instructeur fédéral
Bernard CRAYSSAC : Responable Enfants – Instructeur fédéral

Mémoire du 6ème dan de Lilian Froidure

Origine du Karaté par l’expert fédéral Zeneï OSHIRO : Fichier PDF

Historique du Karaté-Do

D’après le livre « l’esprit Bushido » de M. Françis Didier (Président de la FFKAMA)
kara = main vide ou espace
te = main
do = voie ou chemin

Sens physique : La main vide, dénudée d’armes
Sens spirituel : La main ou voyage dans le vide, l’espace

Nous sommes passés du moyen âge à l’an deux mille. Nous avons eu nos chevaliers qui connaissaient fort bien l’art du combat et surtout le code de l’honneur. Il nous est possible d’étudier leur histoire, leurs batailles, mais nous ne pouvons plus ressentir leur mode de pensée ni même comprendre leur code de l’honneur. Les dates de l’histoire nous restent, mais la sensation de leur mental nous a échappé.

Le Japon fut ouvert au monde Occidental aux environs des années 1865. Alors que nous étions sur la voie de la mécanisation, le peuple NIPPON vivait encore avec ses SHOGUNS, ses SAMOURAIS qui avaient eux aussi leur code, le BUSHIDO. Il était semblable à celui de nos chevaliers, lui non plus n’était pas écrit. Cette loi de l’esprit qui règne entre les hommes de l’Arts Martial nous pouvons, par le chemin du KARATE, en rechercher et en retrouver l’essence disparue.

Le karaté est un mélange de boxe chinoise et de techniques de JUTSU des samouraïs. Le IAI (sabre) lui donna l’art, la distance, la rectitude et l’éthique.

Trop souvent l’historique du karaté s’est transformée en une légende dans laquelle son créateur serait un moine chinois du nom de BODHIDARMA. Celui-ci n’a amené qu’un courant de pensée : le « ZEN ».

Les légendes sur les moines guerriers viennent du Xème siècle japonais. Les grands temples étaient dotés de biens fonciers qui servirent à leur agrandissement. Autour d’eux se construisit une vie active où les moines durent faire appel à des domestiques chargés de services divers. Ainsi les moines purent s’adonner à l’étude et à la méditation. Mais ils commirent l’erreur de pratiquer des ordinations de complaisance envers leurs domestiques afin de les soustraire au pouvoir shogunal et à l’impôt. Ce petit monde augmenta également par la prolifération de certains fils de famille qui recherchaient dans l’ordination des revenus ecclésiastiques. Par ce laisser-aller, les moines perdirent leur tranquillité et durent avoir recours à des gens armés pour maintenir l’ordre à l’intérieur des temples. Ils devinrent alors, eux-mêmes au fil du temps, des initiés à l’Art de guerre. C’est pourquoi les textes parlent d’hommes des Dieux mêlés aux troupes guerrières. On les nommait « SHUTO ».
wtka saut

Les moines guerriers qui existaient jusqu’au XVIème siècle, ont souvent entretenu des troubles mais leurs rôles ne fuent à aucun moment décisifs. Ce ne sont pas les moines qui sont à l’origine du regroupement des guerriers. En fait, l’organisation véritable de ces groupes disciplinés se fit au Xième siècle. La cour leur confia la charge de maintenir l’ordre dans le pays. Ce sont eux qui prirent le pas sur le pouvoir des moines en pénétrant dans les temples.

L’île d’Okinawa baigna dans l’insécurité pendant plusieurs siècles. C’est aux environs de 1509 que le Shogun IEYASU ordonna un Daimyo de KUYSHU (Arima Harunobu) de pousser des reconnaissances dans l’île de Formose. La même année, il ordonna à SATSUMA, un autre Daimyo, de monter une expédition dans les îles de RYU-KYU autrement dit à Okinawa. Mais IEYASU mourut avant que tous ses projets prirent forme. Les RYU-KYU (Okinawa) restèrent jusqu’à la restauration de Meiji, dans une situation ambigüe, tributaire à la fois de la Chine et du fief de Satsuma qui drainaient par elles une partie du commerce vers la Chine.

C’est par le monde paysan que naquirent les techniques de guerre du KOBUDO (ensemble des armes paysannes) et par-là même l’Okinawaté (la main d’Okinawa). Le monde paysan était claqué sur le monde des guerriers. Les mariages se faisaient par l’entrée de la femme dans la maison et elles étaient souvent choisies pour leur vaillance. C’est pour cela que dans la pratique du Kobudo, les démonstrations d’armes sont faites par des femmes. C’est un témoignage qu’à cette époque elles occupaient une place prépondérante dans la défense de la famille.

On ne peut pas parler de l’Okinawaté sans parler du KEMPO Chinois.

C’est dans le temple de Shorin que se pratiquait cette technique de l’art de combat à mains nues. Elle venait du KUNG-FU qui était un ensemble d’attaques et de défenses avec un bâton. C’est pour cela que l’on trouve encore de nombreuses techniques contre le bâton dans les katas de Karaté ainsi que dans les techniques chinoise du Wushu.

Les racines du KUNG-FU furent trouvées grâce à un livre écrit en 1584 par le chinois du nom de SEKI SEIKO. Le titre du livre est KIKOU-SHINSHO. C’est une encyclopédie militaire en 18 volumes qui traite :
• KEMPO : Main vide
• TOHO : Sabre
• KONG-FO : bâton
• YARI JITSU : Lance
• SUIHE : Marine
• LIHUNE : Arme de terre
• SHAHO : Fusil

Karate Shotokan Club Toulouse

L’art du Kempo existe depuis 4000 ans. On a trouvé en Chine des inscriptions et des dessins sur les pierres tombales. Ce langage écrit, semblable à celui des hiéroglyphes, transmettait sur la pierre les récits de batailles ou l’Art du combat singulier.

En 1621 un chinois, BOGUENGI, écrivit un ouvrage le BU-SHI-SHI. Celui-ci comportait 240 volumes. Ici, en plus des techniques de guerre, il était question de médecine, de réanimation, d’acupuncture, d’astrologie et d’astronomie. On peut se rendre compte que les guerriers devaient cultiver de nombreuses connaissances à cette époque. MIYAGI, fondateur du GOJU RYU, s’est d’ailleurs fort inspiré de cet ouvrage pour créer le kata respiratoire TENSHO.

Mais revenons un peu sur le problème des temples où furent découvertes toutes ces sources qui permirent de reconstituer le puzzle historique. En Chine comme au Japon, la sécurité dans les temples était assurée par les moines eux-mêmes et par des gens d’armes à leur service. Dans les temples chinois, on trouve de nombreuses fresques qui racontent la vie guerrière à l’intérieur des enceintes. Les moines pratiquaient au second plan l’activité physique comme une voie qui permet, après l’action, d’accéder à la méditation. C’est en raison de ce mélange des types de vies que l’on a pu parfois présenter les moines comme les inventeurs des techniques à mains nues. Pas du tout : ce sont eux qui les apprenaient des guerriers qui vivaient dans leur entourage. En revanche, ils contribuèrent à l’élévation spirituelle du guerrier grâce au Bouddhisme.

C’est au XIVème siècle que se fit l’ouverture officielle des échanges commerciaux entre la Chine et le Japon. Tous ces échanges se faisaient par l’intermédiaire des RYU-KYU. Le Japon prisait les connaissances chinoises et il était bien vu de se faire instruire en Chine et d’écrire le KANJI, l’idéogramme chinois. De 1461 à 1469 fleurirent les échanges culturels et guerriers. Chaque fête était le prétexte à des démonstrations diverses ou l’ensemble des techniques guerrières était fortement représenté tant du côté chinois que du côté japonais. Ce furent les étudiants militaires japonais qui ramenèrent le plus de connaissance de Chine où le premier groupe fut envoyé en 1392. Ces officiers étudiaient toutes les techniques de guerre, de médecines, de navigation, etc…pendant trois années. Cela pouvait aller jusqu’à sept ans. De1392 à 1860 on a ainsi dénombré 97 officiers japonais ayant suivi cet enseignement. A cette époque, seuls les envoyés militaires ou de famille noble pouvaient se permettre d’étudier en Chine. Chaque officier avait un aide de camp pour assurer sa protection, et on suppose que la divulgation des techniques, au peuple des RYU-KYU se fit par ceux-ci. Pendant que l’officier étudiait diverses sciences, son aide de camp, qui était déjà un fin guerrier, augmentait son bagage en pratiquant les techniques à mains nues dans les parcs des temples. L’ensemble de ces techniques n’était pas forcement enseigné sous la forme guerrière, mais comme une gymnastique nécessaire à l’équilibre du corps.

L’art de combattre à mains nues pour défendre sa vie est aussi vieux que l’existence de l’homme. Dans l’île d’Okinawa, ces techniques sont devenues guerrières à cause de curieuses lois. C’est à la mise en place du nouveau shogun des RYU-KYU, en 1609, que tout bascula à Okinawa. Le shogun SHIMMAZU interdit le port des armes. C’est à cause de cette même loi que l’on ne trouve aucun écrit sur l’art du combat à mains nues. La passation se faisait par des mouvements qui tendaient à faire penser à de la gymnastique. Par cette pratique, on n’éveillait aucun soupçon du pouvoir guerrier. Selon la tradition, on ne considérait pas comme criminel quelqu’un qui tuait à main nue. Pour être accusé de meurtre, il fallait être muni d’une arme telle qu’un simple bâton, d’un outil de pêche ou de culture. La règle des îles RYU-KYU disait que, pour tout combat en arme, l’agresseur aurait deux tiers de culpabilité, la victime un tiers. Ceci impliquait donc de favoriser le combat sans arme, d’où le développement de l’OKINAWATE.

Dans les katas supérieurs, on peut constater qu’il existe beaucoup de techniques sur les attaques de bâton. Le KARATE fut donc étudier à Okinawa en même temps que les techniques de BO (bâton). Deux styles principaux existaient à cette époque : le NAKIGIN-BO et le TSUKEN-BO.

Les premiers récits sur les îles RYU-KYU furent faits par un capitaine anglais nommé BASIL HALL. En 1818, il éditait « Voyage et découverte de la côte ouest coréenne et des îles RYU-KYU ». Après avoir longé les côtes ouest, Basil Hall échoua à Okinawa en 1816. Il les vit refuser l’entrée du port, le gouvernement de EDO ayant interdit tout commerce avec l’extérieur. Interrogé par les services consulaires de l’île, le capitaine Hall reçut tout de même l’autorisation de rester trente jours afin de réparer son bâtiment. Sur son journal de bord, il était consigné qu’il n’avait jamais vu une arme sur cette île et que les habitants ignoraient le pistolet et son utilisation. Leurs armes étaient leurs instruments de travail, c’est comme cela qu’ils apprenaient le KOBUDO.

Les gens d’Okinawa savaient que le navire du capitaine Hall était anglais, mais ils mentionnèrent sur leur rapport qu’il était Hollandais, car seuls les navires hollandais pouvaient pénétrer dans le port de NAGASAKI.

Le récit de cette histoire fut rapporté à Napoléon qui ne put croire qu’une telle nation pouvait faire la guerre sans les armes telles que le canon et le pistolet.

C’est vers les années 1850, 1855 que les premiers échanges commerciaux se firent en Okinawa et une compagnie de pêche américaine. L’ouverture vers l’occident se faisait de plus en plus pressante, mais le gouvernement en place y restait toujours hostile. Le shogun, généralissime, TOKUGAWA envoya des samouraïs auprès de Napoléon III afin d’obtenir l’aide occidentale en matière de techniques modernes de guerre. NADAR les photographia sur la place de la concorde en 1864. Et oui à l’orée du vingtième siècle, des chevaliers NIPPON à PARIS, avec leurs Kimonos et leurs katanas ! Ces quelques notes d’histoire permettent de comprendre aisément le décalage de civilisation entre l’empire NIPPON et notre monde occidental.

Les premiers japonais qui amenèrent le Karaté en France étaient du style Shotokan. C’est pourquoi l’idée a été longtemps répandue que le fondateur du karaté était maître FUNAKOSHI Gishin. Son portrait était accrochait au mur de tous les dojos de France. En fait, Funakoshi imprégna le karaté de l’éthique japonaise, celle de l’esprit Samouraïs. Il reprenait les idées d’enseignement des anciens : pratiquer la culture sous toutes ses formes en même temps que l’art guerrier. Il fut également le premier à traduire du chinois en japonais tous les écrits concernant l’Okinawaté.

filles karate

Ce n’est que très tard qu’il baptisa cette méthode KARATE : il fut l’inventeur du nom « KARATE » mais pas de la technique. C’est JIGORO KANO, fondateur du Judo, qui aida Funakoshi à s’installer au Japon.

Le nom de SHOTOKAN veut dire « la maison de SHOTO ». C’était un diminutif du quartier de Funakoshi Gishin. OTSUKA ne venait pas directement de la technique du karaté, il avait précédemment pratiqué le JU-JITSU. Sa séparation d’avec Funakoshi était due à une pensée différente sur la pratique de cet art. Otsuka préférait la pratique des combats plutôt que l’éthique et la pratique des katas. Funakoshi, lui, préconisait de ne jamais pratiquer l’affrontement.

Dans l’île d’Okinawa, il y avait deux styles différents, le NAHATE et le SHURITE, qui étaient en fait les noms de deux villes. De ces deux tendances découla la méthode GOJU RYU par les maîtres MIYAGI et IGAONA du Nahate, et les styles tels que SHITO RYU et SHOTOKAN du Shurite. Ce sont les hommes qui par la suite semèrent le trouble entre les différentes écoles. Chaque style se regroupa dans une fédération et chacune d’elle essaya de rassembler sous bannière le plus de pratiquants, ce qui provoqua une dissension entre les différents styles.

En fait, le maître Funakoshi avait débuté le karaté à l’âge de 11 ans avec le maître AZATO. Ce n’est que plus tard qu’il rejoignit maître Itotsu. Il y rencontra Kenwa Mabuni, fondateur du Shito Ryu, et devinrent d’excellents amis. Maître Funakoshi s’installa à Tokyo et maître Mabuni à Osaka. Ils entretinrent leur amitié jusqu’à la fin. Le fils de maître Mabuni a conservé de nombreuses lettres de leurs entretiens dans lesquelles ils échangeaient leurs nouvelles découvertes dans le karaté. C’est en raison de leur situation géographique respective que, de nos jours, le style Shotokan et le Wado Ryu sont les plus développés dans le nord du Japon, le Shito Ryu et le Goju Ryu plus répandus dans le sud.

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